Les fonctionnaires auront donc le beurre et l’argent du beurre

Il aura réussi le pire en la matière : augmenter le nombre des fonctionnaires sous statut et augmenter leur point d’indice, ce qui viendra s’ajouter à la hausse structurelle et régulière de leurs revenus et aux aménagements de carrière consentis par ailleurs. La « ponction publique » va continuer de s’aggraver en France dans le cadre d’un open bar dont on ne voit pas la fin. La confirmation en a été apportée au début du mois, lors de la présentation à l’Assemblée du volet dépenses du budget de l’année prochaine. Au global, à la fin du quinquennat Hollande, les effectifs auront progressé depuis juillet 2012 de 29 442 postes.

Pourquoi le pire ? Parce que c’est exactement le contraire de ce qu’il faut faire. Rajouter de nouveaux privilégiés à une masse déjà énorme est une pure et simple folie économique parce qu’il faudra payer ces gens jusqu’à leur décès et parfois jusqu’au décès de leur veuve. Un poste de fonctionnaire d’État pour une vie professionnelle entière et avec toutes les charges sociales, c’est au bas mot un budget de 3 à 3,5 millions d’euros. Pour 30 000 fonctionnaires à 3 millions, cela représente un minimum de 90 milliards d’euros de dépenses sur l’avenir, inéluctablement engagées.

L’opposé de la bonne gestion !

L’État français emprunte parfois actuellement sur une durée de 50 ans sur les marchés financiers et ajoute ainsi de la dette longue à de la dette « ordinaire ». Créer un nouveau poste de fonctionnaire, c’est créer de la dette longue sur 60 ans, ce qui va générer automatiquement de nouvelles dépenses, de nouveaux impôts ou de nouveaux emprunts pour couvrir ces dépenses et de nouveaux chômeurs qui seront, comme d’habitude, les victimes expiatoires naturelles de cet infernal cercle vicieux. Résultat : un appauvrissement général dans la société civile face à un engraissement permanent dans la fonction publique et chez les bénéficiaires du système étatique et collectiviste.

Un bon gestionnaire, voulant renforcer à juste titre ses effectifs de militaires, de gendarmes, de policiers et de magistrats en raison de la guerre contre les terroristes islamistes, aurait renoncé immédiatement à son objectif qui était par ailleurs injustifié, de créer 60 000 postes dans l’Éducation nationale. C’était une promesse du candidat Hollande, et alors ? La moindre des choses pour un dirigeant compétent et responsable est de savoir s’adapter aux événements et aux lames de fond imprévisibles. Il est clair que notre président socialiste n’a pas la compétence voulue pour le poste et encore moins le sens des responsabilités exigé a minima pour la gouvernance d’un grand pays comme la France.

Donner aux fonctionnaires le beurre – des effectifs en hausse – et l’argent du beurre – des salaires en hausse et des avantages supplémentaires comme le rétablissement du jour de carence pour les arrêts maladie – est précisément à l’opposé de toute bonne gestion. Et on reste médusé devant l’invraisemblable numéro d’un ministre qui est allé dernièrement jusqu’à s’en vanter.

Oui, la dépense de l’État va augmenter en 2017.

Christian Eckert, le secrétaire d’État au Budget, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’a pas hésité à déclamer devant l’Assemblée que : « Oui, la dépense de l’État va augmenter en 2017 [et…] cette augmentation nous l’assumons, nous la revendiquons » ! Ce qui a fait écrire à un fidèle lecteur du Point.fr qui signe « Hope for France », un fin analyste, que « le dogmatisme socialiste avait réponse à tout, car revendiquer une mauvaise gestion n’est finalement pas une surprise pour un socialiste, puisque le socialisme est par nature antiéconomique ».

Et notre lecteur/commentateur de poursuivre : « Dans sa vision dogmatique française, le socialisme ne s’appuie pas sur la rationalité, mais sur la morale qui veut que, quand bien même la réalité lui donne tort, le socialisme a encore raison. Pour des socialistes, dépenser l’argent public constitue leur philosophie, leur morale, leur culture. L’économie est jugée comme immorale par nature. Seules la répartition et la distribution d’argent par l’État sont jugées justes… » Dans cette affaire, le plus remarquable n’est pas tant que Christian Eckert soit un défenseur du dogme socialiste – à la limite, il est payé pour ça –, c’est qu’il soit totalement incompétent à son poste et qu’il s’en vante.

De la part d’un simple prof de maths – et nous n’avons rien bien entendu contre les professeurs de mathématiques dans nos lycées – qui a été maire pendant 27 ans d’un village de 2 000 habitants au fin fond de la Meurthe-et-Moselle, Trieux, dont les habitants, les Triotins, gardent de lui un souvenir ému, on ne peut pas s’attendre à des exploits. De la part d’un député socialiste qui, entre autres bêtises, a voté contre la libéralisation du travail le dimanche, on peut s’attendre au pire. De la part enfin d’un secrétaire d’État au Budget, surnommé « le ministre des Impôts », on ne peut s’attendre qu’à des catastrophes. Nous y sommes ! Hollande + Eckert : la combinaison perdante du tiercé de l’incompétence, de l’irresponsabilité et du dogmatisme. Dans l’ordre ou dans le désordre…