L’euro et la livre sterling se reprennent légèrement

Tokyo – L’euro et la livre sterling se reprenaient un peu mardi au lendemain d’un nouveau plongeon, un répit qui pourrait n’être que de courte durée, selon les analystes, tant les incertitudes provoquées par le Brexit demeurent.

Vers 06H00 GMT (08H00 à Paris), l’euro valait 1,1060 dollar contre 1,1022 dollar lundi vers 21H00 GMT et 1,1112 dollar vendredi soir. L’euro était tombé vendredi à 1,0913 dollar, son niveau le plus faible depuis près de quatre mois.

La devise européenne remontait aussi face à la monnaie nippone à 112,73 yens contre 112,42 yens lundi soir et 113,56 yens vendredi soir. L’euro avait plongé vendredi à 109,57 yens, son plus bas niveau depuis décembre 2014.

Le dollar était quasi stable face à la devise japonaise à 101,93 yens contre 101,99 yens lundi soir et 102,21 yens vendredi. Le billet vert était tombé vendredi à 99,02 yens, au plus bas depuis novembre 2013.

La livre britannique remontait un peu face à la monnaie unique à 83,19 contre 83,32 pence pour un euro lundi soir. En séance lundi, elle était descendue jusqu’à 83,80 pence pour un euro, son niveau le plus faible depuis mars 2014. Elle cotait 81,31 pence vendredi soir.

La livre sterling se ressaisissait aussi face au billet vert à 1,3294 dollar contre 1,3228 dollar pour une livre lundi soir. En séance lundi, elle avait dévissé jusqu’à 1,3121 dollar, un nouveau plus bas depuis septembre 1985. Elle valait 1,3670 dollar vendredi soir.

Selon Takashi Miwa, analyste chez Nomura Securi ties, les « investisseurs « peuvent s’attendre à un léger rebond » de la monnaie britannique « à court terme » car une pénurie de liquidités a visiblement été évitée, après l’annonce vendredi du résultat du référendum donnant la victoire du camp favorable à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Mais, à plus long terme, la devise pourrait encore plonger, peut-être jusqu’à 1,25 dollar si la Banque d’Angleterre assouplit sa politique monétaire pour faire face aux turbulences financières, prévient M. Miwa.

Par ailleurs, des spéculations sur l’introduction au Japon de nouvelles mesures de soutien gouvernementales pour atténuer les effets de la crise provoquée par le Brexit ont pesé sur le yen, qui avait fortement progressé depuis vendredi, bénéficiant de son statut de valeur refuge, très recherché en période d’incertitudes.

Le ministre japonais des Finances Taro Aso a souligné mardi lors d’une conférence de presse qu’il « observait les mouvements sur les taux de changes avec un sentiment d’urgence« . « Nous agirons de manière ferme en cas de nécessité« , a-t-il assuré ». Un yen trop fort pénalise les groupes exportateurs nippons.

De son côté, l’euro reprenait également quelques couleurs après avoir été entraîné à la baisse par la chute de la livre sterling « car ce qui est mauvais pour la Grande-Bretagne est considéré comme mauvais pour l’Europe et la zone euro« , a relevé Joe Manimbo, de Western Union.

En écho aux inquiétudes des investisseurs, deux des principales agences de notation ont sanctionné lundi le Royaume-Uni.

Standard and Poor’s a privé le pays de sa note « AAA« , la meilleure possible, l’abaissant même de deux crans en raison de « l’incertitude » et d' »un contexte politique moins prévisible, moins stable et moins efficace« . Sa rivale Fitch a elle aussi abaissé la note britannique en prédisant un « ralentissement brutal » de la croissance dans le pays.

Vers 06H00 GMT, la devise suisse baissait face à l’euro à 1,0807 franc pour un euro mais montait face au dollar à 0,9770 franc pour un dollar.

La devise chinoise reculait encore face au billet vert à 6,6495 yuans pour un dollar contre 6,6474 yuans lundi à 15H30 GMT. La Chine a fixé lundi le taux pivot du yuan à son plus bas niveau depuis cinq ans et demi face au dollar, à 6,6375 yuans pour un dollar.